Données clés

Ouvrir son robinet et en voir sortir de l'eau, cela semble normal. Mais derrière ce geste quotidien simple se cachent des moyens techniques très importants et des contrôles stricts pour assurer une haute qualité de service aux usagers. Face à un déficit en eau potable croissant, la Bretagne romantique invite à une mobilisation collective concernant les économies d'eau.

Rapports prix et qualité du service

RPQS_2024_CC-Bretagneromantique_Valide.pdfFiche-InfEau_2023_CC-Bretagneromantique.pdf

Face à un déficit croissant : une mobilisation de collective

La Communauté de communes Bretagne romantique possède 10 captages d’eau souterraine et 6 stations de production d’eau potable grâce auxquels elle produit 1 000 000 m3 chaque année. 1 800 000 m3 sont cependant nécessaires à l’alimentation de l’ensemble de ses abonnés (particuliers, entreprises, exploitations agricoles, hébergements touristiques etc.). Pour combler ce déficit, la collectivité importe 800 000 m3 d’eau potable par an, qu’elle achète aux territoires voisins (Dinan Agglomération, Collectivité Eau du Bassin Rennais).

Un déficit en eau structurel aggravé par le changement climatique.

Le territoire est en situation de tension sur l’eau potable, la vigilance et la réduction des usages ne sont pas préventives par excès de prudence, mais nécessaires. A horizon 2050, si la consommation par abonné reste identique, l’accroissement démographique de notre territoire va entraîner un doublement de ce déficit, qui se portera alors à 1,6 millions de m3.

La collectivité modernise ses usines, cherche de nouvelles ressources souterraines et aménagement le territoire en tenant compte de ces enjeux. Elle appelle également à une mobilisation collective : 67% de l’eau potable est consommée par les particuliers. Les citoyens sont les principaux acteurs pour réussir le défi de la sobriété.

Pourquoi un tel déficit en eau ?

La perception d’un territoire “pluvieux” est trompeuse. La disponibilité de l’eau potable ne dépend pas uniquement de la quantité de pluie, mais de la capacité du territoire à la stocker et à la restituer dans le temps. Sur le territoire de la Bretagne romantique cette capacité est structurellement limitée.

  • L’eau potable provient soit des rivières et des lacs (eaux de surface), soit des nappes souterraines. En Bretagne romantique, les cours d’eau sont trop petits pour couvrir les besoins : l’eau distribuée vient donc uniquement des nappes formées par l’infiltration de la pluie dans le sol et les roches. Ces nappes alimentent aussi les rivières tout au long de l’année, jouant un rôle essentiel de réserve naturelle.

  • Une éponge qui se vide vite : le sous-sol breton, composé de roches dures et anciennes, ne contient pas de grands réservoirs continus mais une mosaïque de petits aquifères indépendants. Cela rend le territoire particulièrement dépendant de la pluie : ces réserves se remplissent et se vident rapidement. Si les précipitations sont insuffisantes ou mal réparties, les niveaux baissent vite, ce qui accentue la vulnérabilité face aux sécheresses.
  • Contrairement aux idées reçues, un temps gris ou pluvieux ne garantit pas une recharge efficace des nappes. Une grande partie de la pluie s’évapore ou est absorbée par les plantes, et seule une fraction s’infiltre en profondeur. La recharge se fait surtout entre l’automne et le début du printemps ; en été, la chaleur et la végétation limitent fortement l’infiltration, même en cas d’averses.
  • Pour que la pluie soit réellement efficace, plusieurs conditions doivent être réunies : tomber au bon moment de l’année, en quantité suffisante pour réhumidifier les sols, et sur les zones qui alimentent les captages d’eau potable. Si les sols sont imperméabilisés ou trop compactés, l’eau ruisselle vers les rivières sans remplir les nappes, donnant parfois une impression trompeuse d’abondance.
  • Les données hydrologiques montrent que les épisodes de sécheresse sont plus fréquents et plus longs, entraînant une baisse durable des niveaux des rivières et des réserves utilisées pour l’eau potable. En Ille-et-Vilaine, des arrêtés de vigilance sécheresse ont été pris ces dernières années en période estivale.
  • Enfin, la qualité de l’eau conditionne aussi la quantité d’eau potable disponible. Les pollutions chimiques (nitrates, pesticides, résidus divers) peuvent rendre certaines ressources impropres à la consommation ou très coûteuses à traiter. Protéger les sols, limiter les polluants et préserver les milieux naturels est donc indispensable : chaque geste compte pour garantir durablement une eau potable en quantité suffisante.

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